Le méga blues du dimanche soir

Coucher de soleil, vent froid qui secoue les branches qu’on aperçoit moins bien à travers la fenêtre, lumières déjà allumées. La grande tasse est vide ; il ne reste au fond que des marques de passage du thé au caramel et les miettes de biscuit tout autour. Il n’est que 17 heures.

Cette lumière entre chien et loup appuie fermement sur la poitrine.

Les copies sont corrigées, les notes rentrées, même le sac est bouclé.

Quel problèmes de riche après deux semaines de congés, quelle indécence d’oser avouer… qu’on n’a pas envie de rentrer.

N’oublions pas que nous autres, profs n’avons jamais quitté l’école. On est juste passés de l’autre côté du bureau. Et comme les élèves :

il y a celui qui a planqué son cartable pendant toutes les vacances et qui fait les devoirs le dernier jour, le couteau sous la gorge. « Bien sûr que je peux corriger 100 copies aujourd’hui ! Je suis large ! »

Il y a l’intello consciencieux qui a tout corrigé la première semaine et monté des projets la deuxième. « Oui, je me suis reposée, je n’ai travaillé que les matinées. J’ai corrigé quelques dizaines de rédactions, rebâti toute ma séquence pour mes troisièmes, et préparé le devoir commun des quatrièmes. Ne pas travailler ça me stresse trop et de toutes façons je me lève à 6h30 naturellement.»

Il y a celui qui procrastine en remettant à plus tard la longue liste de tâches qu’il avait longuement planifiées pour ces vacances. « Je vais avoir un tunnel de temps ces vacances, terminé le stress de la dernière minute cette fois, je m’organise. Je change tout. » Ellipse. « Non mais moi, je fonctionne mieux dans le stress. Je suis beaucoup plus performant. »

Haut les cœurs ! On va revoir les copains, mettre ce nouveau pull qu’on a acheté pour frimer, râler contre le réveil qui sera venu trop tôt et le sommeil trop tard.

Les vacances d’automne ont cela de particulier : elles sentent bon le potiron mais ramènent la mélancolie des feuilles mortes. Aller, on se dira qu’ils nous ont presque tous manqués et que c’est joli tout de même, les rayons de soleil mêlés aux couleurs de saison.

En attendant que la nuit daigne tomber, et couvrir de son plaid réconfortant les âmes sensibles, se couler dans un bain chaud à se friper la peau.

Demain, ils seront là et ce sera comme à chaque fois, comme si on ne s’était pas arrêtés.

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